Laure Li Vigni

La théorie et la pratique

12/04/2021

La théorie et la pratique

Comprendre quoi faire et comment le faire ne signifie pas savoir le faire ni comment le faire.

 

Comprendre le mode d'emploi d'un meuble ou comprendre comment on fait pour conduire ou comprendre le théorème de math ne veut pas dire savoir monter le meuble (et qu'il tienne), ni savoir conduire (sans accident), ni pouvoir résoudre le problème de math.

 

Ne vous êtes vous jamais agacés pour rester polis sur une notice explicative ?

Les premières heures de conduite en auto-école sont-elles si faciles ?

L'interro de math n'a-t-elle pas été un casse tête ?

 

La vie quotidienne rapelle qu'il y a la théorie et la pratique.

 

Au contraire, d'autres vont monter le meuble sans même ouvrir la notice, avoir besoin de moins de 20 heures pour avoir le niveau du permis de conduire ou encore trouver la solution du problème sans pouvoir vous expliquer comment ils ont trouvé.

 

Aucun des fonctionnement n'est à juger et aucun n'est meilleur que l'autre.

 

Par contre, il est nécessaire de passer par le corps, par le ressenti, par les cellules, pour "savoir" vraiment.

En restant au niveau du mental, de la tête, la connaissance ne permet pas toujours pour ne pas dire souvent d'ancrer ce qui est acquis et de pouvoir s'en resservir à volonté.

 

C'est le moment du "tilt" ou du "AAAAHHHHH mais oui, mais c'est bien sur" ou de l'étincelle dans les yeux d'un enfant (et des adultes aussi).

 

Très concrètement, vous avez expliqué à l'enfant comment faire du vélo, peut-être même montré comment s'y prendre. Mais il n'y parvient pas. Il faut plusieurs essais.

Et puis tout d'un coup ça y est. Il a senti à l'intérieur de son corps l'équilibre nécessaire. Ce qu'il ressent même sans trop pouvoir le décrire pour pouvoir faire du vélo.

 

Et pour les adultes ? C'est la même chose pour tout ce que nous apprenons, quelque soit l'âge.

Pour donner un exemple vous avez lu de nombreuses fois qu'il est plus favorable de ne pas se laisser emporter par ses émotions et de ne pas réagir mais plutôt de poser les choses, de respirer et d'agir ensuite.

Vous comprenez, vous savez comment faire, quand le faire, pourquoi le faire. Vous adhérez à cette vision des choses.

Et pourtant, malgré vos essais, rien n'y fait.

 

Et puis un jour, parce que vous serez prêt, parce que l'idée aura mûrie en vous, parce que vous aurez essayé de nombreuses fois et peut-être même que vous serez sur le point de penser ne pas y arriver ou pour une tout autre chose sans explication, ça va faire "tilt".

 

Peut-être pas sur le moment, mais après coup vous allez vous en rendre compte, vous allez vous voir entrain de réagir avec vos émotions et vous allez sentir en vous ce que vous avez éprouvé à ce moment là.

 

Et de fil en aiguille d'essais en essais, le temps entre le moment de la réaction et celui de la prise de conscience va se raccourcir. Jusqu'à même anticiper que cette phrase là va vous faire réagir et pouvoir conscienmment couper tout le cricuit de réaction avant qu'il ne démarre.

 

Ca y est vous venez de respirer au lieu de réagir !

 

Et quand on y arrive, on fait quoi ? Et bien il y a des gens qui vont se juger et se faire du mal tout seul, en se disant "je suis nul, c'est pourtant simple, comment n'ai-je pas réussi plus tôt,....".

 

Et bien non c'est une façon de voir les choses aussi, mais cela n'est pas très utile. Pourquoi ?

Parce que ce qui est fait est fait, donc dépenser de l'énergie à râler ne sera pas très productif.

Ensuite parce qu'il n'y a pas de hasard. Donc s'il vous a fallu ce temps plus ou moins long pour passer de la théorie à la pratique c'est qu'il y a une bonne raison. Même si vous ne voyez pas vraiment laquelle et que ce temps vous a paru terriblement long et que selon votre tête qui sait tout ça aurait dû aller plus vite.

Peut-être que vous n'étiez pas prêt, peut-être que ce n'était pas le bon moment, peut-être que vous étiez en plein apprentissage d'autre chose et que vous ne pouviez pas tout faire. Peut-être que votre tête avait trop peur de ce changement et qu'elle voulait vous protéger.

 

Alors on s'aime quoi qu'il arrive ! Et on se félicite d'avoir réussi (ça ne coulait pas de source (enfin si mais bon), vous auriez pu aussi renoncer), et d'avoir eu le courage de persévérer. On n'oublie pas de dire merci à sa tête qui a voulu nous protéger. Maintenant elle n'a plus besoin de le faire, elle est là pour autre chose.

 

Je parle de "tête" mais le "mental" ça fonctionne aussi ou le nom que vous voudrez lui donner.

 

Et clairement de mon expérience, c'est à chaque fois pareil, c'est quand on enlève la volonté de faire (qui vient de la tête), qu'il se passe des choses dans le corps.

L'outil reste un outil Apprendre sans apprendre